Analyse du cycle de vie, tenants et aboutissants ?

Au mois d’octobre, la Conférence Régionale des Élus de Montréal (CRÉ) organisait les Journées du Développement Régionale 2012. Un mois d’événements et de conférences pour mettre l’accent sur les initiatives, diverses et nombreuses, qui animent Montréal et qui participent à son dynamisme.

Archibio était présent à deux de ses événements, la conférence-lancement de la campagne Verdir le 9 octobre. Campagne qui rassemble une multitude de projets traitant du verdissement et de la biodiversité adaptés à la spécificité urbaine d’une métropole comme Montréal.
 
Et plus récemment, le 30 octobre, à la journée de conférences sur le changement climatique dont le programme était : "outiller les organisations et entreprises pour réduire leurs empreintes carbones, réduire les émissions de gaz à effet de serre"!
 
Deux journées très enrichissantes et inspirantes.
 
L’une des thématiques de la journée du 30 octobre, était « Bâtiment durable et efficacité énergétique », avec comme intervenante notamment Mme Julie-Anne Chayer, Ing., directrice développement des affaires Québec et consultante principale, Quantis. Elle est également  membre du conseil d’administration de la Section du Québec du Conseil du bâtiment durable du Canada, elle nous a parlé de l’approche cycle de vie qui est la source d'inspiration de cet article.
 
 
 
 
 
 

Qu’est ce que l’Analyse du cycle de vie ?
L'analyse du cycle de vie (ACV) est construite sur la notion de développement durable, elle propose une méthode efficace et systématique pour évaluer les impacts environnementaux d'un produit, d'un service, d'une entreprise ou d'un procédé.

 
Cette méthode scientifique a pour objectif de réduire l’impact d’un produit sur l’environnement et les ressources de la planète tout au long de son cycle de vie, c’est à dire depuis l'extraction des matières premières jusqu'à la fin de vie du produit (enfouissement, recyclage, ...).
 
L’ACV prend en compte tous les entrants (énergie, matériaux, transport, etc.) et sortants (émissions de gaz, déchets solides, etc.) d’un système de produits ou d’un produit ou d’un service tout au long de son cycle de vie. L’expression cycle de vie, signifie le parcours, du « berceau à la tombe » d’un produit ou d’une activité. Ce parcours comprend habituellement les phases suivantes :
  • L’extraction et la transformation des matières premières
  • La fabrication
  • L’emballage et la distribution
  • L’utilisation
  • La fin de vie
L'analyse du cycle de vie étudier la fonction du produit. Si l’on étudiait que le produit, il ne serait pas possible de comparer différents produits ayant la même fonction mais la remplissant de manière différente. Par exemple, il est possible de comparer  la voiture et le transport en commun, dont la fonction commune est de déplacer des personnes.
En pratique, les flux de matières et d’énergies entrants et sortants à chaque étape du cycle de vie sont inventoriés puis on procède à une évaluation des impacts environnementaux à partir de ces données grâce à des coefficients préétablis.
 
Les catégories d'impact sont multiples:
 
Catégories orientées dommages :
  • l'épuisement des ressources,
  • l'impact sur la santé humaine,
  • les impacts écologiques.
Catégories orientées problèmes:
  • changements climatiques / réchauffement climatique,
  • destruction de l'ozone stratosphérique,
  • acidification,
  • eutrophisation,
  • formation d'agents photo-oxydants (smog),
  • atteinte des ressources abiotiques,
  • atteinte des ressources biotiques,
  • utilisation des terres,
  • impact éco-toxicologique,
  • impact toxicologique (chez l'humain).
Les résultats d’une ACV sont ainsi exprimés sous forme d’une série de résultats qui présente à la fois des impacts potentiels (du type «X kg d’équivalents CO2 pour l’effet de serre») et des flux physiques («Z MJ d’énergies non renouvelables », «W kg de déchets banals »).
 
 

Pourquoi utiliser l’ACV ?
La pratique de l’ACV est encadrée par l’Organisation internationale de normalisation (ISO) depuis 1997. Selon la série des normes ISO 14040, elle se décompose en quatre étapes:

  • définition des objectifs et du champ de l’étude;
  • inventaire du cycle de vie;
  • évaluation des impacts sur l’environnement;
  • interprétation des résultats.
L'enjeu majeur de l'utilisation de l'ACV est d'identifier les principales sources d'impacts environnementaux et d'éviter les transferts d'impacts liés aux différentes solutions envisagées. Une connaissance poussée des impacts liés aux produits peut permettre de hiérarchiser les priorités, d’établir un plan d’actions et d’éclairer les choix techniques et organisationnels. 
 
Une telle évaluation peut également permettre de repérer et valoriser les produits présentant les impacts les plus faibles dans une démarche comparative, d'information des consommateurs, et participer au développement de l'offre de produits de meilleure qualité écologique.
 
 

ACV et bâtiment :
L’ACV est utilisée pour mieux comprendre le bilan environnemental d’un bâtiment. Mais elle suppose un travail particulièrement long. D’abord  parce que les immeubles sont constitués à partir d’un très grand nombre de pièces différentes qui ont des caractéristiques différentes. 

 
Des  organismes de recherche, comme l’Institut Athena et le Centre interuniversitaire de recherche sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG), essayent de mettre en place un inventaire de ces produits avec les données correspondantes.
 
Le logiciel ATHENA, gratuit, permet de réaliser des analyses sur des environnements bâtis à partir de modèles de structures préétablies. Il permet de quantifier les impacts en matière d’émissions de gaz à effet de serre et donne une idée comparative entre deux propositions d’ensembles structuraux. Le logiciel néanmoins ne prend en compte  l’étape de l’utilisation, qui devrait être réalisé grâce à une simulation énergétique. 
 
 
Étude de cas Quantis pour The National Trust for Historic Preservation :
La Société Quantis qui propose aux organisations et gouvernements son expertise en analyse de cycle de vie à récemment publié un rapport pour The National Trust for Historic Preservation, une association américaine qui œuvre à la préservation des bâtiments et place d’histoire, un rapport d’ACV comparatif entre rénovation et construction neuve de même type de bâtiments.
 
Cette étude avait pour but de comparer les impacts environnementaux de la rénovation d’un bâtiment et d’une construction neuve similaire. Pour mener à bien cette étudecinq types de bâtiments dans quatre zones climatiques (Atlanta, Portland, Chicago et Phoenix) aux États-Unis ont été considérés;  deux de ces types comprenait la réhabilitation d’un entrepôt pour un autre usage (Maison résidentielle, Bureau Commercial /réhabilitation d’entrepôt, Bâtiment Multi-résidentiel, École et Bâtiment urbain à vocation mixte- commerciale et résidentielle/réhabilitation d’un entrepôt…).
 
Les conclusions d’une telle étude ont mis en évidence que la rénovation de bâtiments est moins impactant sur l’environnement qu’une construction neuve du même type de bâtiment. Néanmoins il faut nuancer cette conclusion, en effet lorsque le bâtiment doit changer complètement de fonction (par exemple une friche industrielle transformée en lieu résidentiel), la rénovation aura plus d’impact environnemental que la construction neuve!
 
Cela s’explique par le fait que la construction neuve va dans bien des cas nécessiter plus de matériaux.
 
Cette étude a également montrer que rénover un bâtiment pour acquérir une efficacité énergétique supérieure n’a pas forcément un impact positif sur l’environnement, pour cela il faut que le bâtiment soit exploité assez longtemps pour que les coûts environnementaux des matériaux de réhabilitation soient surpassés par les gains énergétiques.
 
 
L’analyse de cycle de vie est un outil très intéressant qui permet de comparer des produits en fonction de critères définis. Un des avantages qu’il permet est de maîtriser les transferts d'impacts (on changera par exemple un type de matériau dans un produit pour diminuer son impact en termes de ressource mais notre produit ne sera alors plus recyclable….). On peut travailler sur la vie entière du produit et analyser son impact sur plusieurs critères. En revanche la réalisation d’une ACV demande énormément de temps, d’énergie et d’argent. En effet, la récolte des données, les calculs et les analyses sont très complexes.
 
Un autre aspect important à garder en tête, c’est que connaitre tous les flux autour d’un produit est quasiment mission impossible, il est donc souvent nécessaire de faire des hypothèses qui diminuent la précision des résultats.
Source : Ciraig, Ademe, Conference du CRé du 30 octobre dans le cadre ds JDR 2012, Wikipédia, Quantis.
 

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